Allah agréera-t-il le jeûne d’un détenteur de certificats d’investissement qui exploite des actions dans des banques usurières ? Est-il un usurier ou pas ?
Louange à Allah
En effet, Allah le Très Haut a dit : «Ô
les croyants! Craignez Allah; et renoncez au reliquat de l’ intérêt usuraire,
si vous êtes croyants. » (Coran, 2 : 178). C’est un appel lancé
par Allah à Ses serviteurs pour qu’ils se méfient de l’usure, car le Transcendant
l’a interdite : « Allah a rendu la vente licite et interdit l’usure.
La consommation du revenu de l’usure est une des causes du déclin des musulmans
et de l’humiliation qu’ils ont subie. C’est dans ce sens que le Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui) a dit : « Si vous vous mettez à pratiquer
des opérations de vente usurières et vous contentez de vos cultures et vous
adonnez à la surveillance de vos bœufs et abandonnez le djihad dans le
chemin d’Allah, Celui-ci vous infligera une humiliation et la maintiendra jusqu’à
ce que vous retournerez à votre religion … » (rapporté par Abou Dawoud,
3462 et déclaré authentique par al-Albani dans as-Silsila as-Sahiha,
11.
Des détails ont déjà été
donnés dans le cadre de certaines réponses relatives à la participation aux
opérations des banques usurières. Voir les questions
n° 8590
et 4714.
Quant au jeûne de l’auteur
de péchés majeurs comme l’acheteur d’actions à une banque usurière, il est acceptable
mais incomplet, et l’intéressé peut ne pas en être récompensé. Méditez la parole
du Très Haut : «Ô les croyants! On vous a prescrit as-Siyâm
comme on l’ a prescrit à ceux d’ avant vous, ainsi atteindrez- vous la piété, »
(Coran, 2 : 183). Dans ce verset, Allah a mentionné la sagesse qui justifie
la prescription du jeûne, et en fait le moyen d’accéder à la crainte d’Allah,
le Puissant et Majestueux qui incite à accomplir les devoirs et a abandonner
les interdits.
Le Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui) a dit : « Quiconque ne peut pas cesser les
actes et propos faux, Allah n’a pas besoin qu’il s’abstient de manger et de
boire » (rapporté par al-Boukhari, 1903). C’est-à-dire qu’en prescrivant
le jeûne Allah vise à nous inciter à Le craindre, Lui qui est le Puissant et
Majestueux. C’est ce qu’Il dit ainsi : «ainsi atteindrez- vous la piété ».
Voir Ach-charh al-mumti , 6/43.
Al-Hafiz ibn Hadjar (Puisse
Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit : « l’expression «
actes et propos est faux » signifie : le mensonge et la pratique qui
en découle.
Ibn al-Arabi a dit : « le
hadith implique que le jeûneur qui se conduit de la sorte ne sera pas récompensé
pour son jeûne. Autrement dit, la récompense due pour le jeûne est contrebalancée
par le péché qui résulte du recours au faux et ce qui s’en suit.
Al-Baydawi a dit :
« le jeûne n’est pas institué pour infliger la faim et la soif (aux gens)
mais il vise ce qui en découle en fait d’affaiblissement du plaisir charnel
et de soumission de l’âme incitatrice au mal à l’âme apaisée. S’il ne permet
pas d’atteindre ce but, Allah n’envisagera pas son agrément. On en a déduit
que ces actes diminuent la valeur du jeûne ». Extrait de Fateh al-Bari,
